IA et Finance Durable

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Le CIRANO, l’OBVIA, Fin-ML et Algora Lab réalisent ensemble le projet « IA et FinDurable »

Le projet IA et finance durable se situe dans le contexte de l’investissement durable au Québec et des normes d’évaluation et de divulgation ESG en évolution. D’un côté, la société civile demande plus de transparence aux entreprises et investisseurs quant à leur impact environnemental. D’un autre, les entreprises et investisseurs devront se soumettre à une tendance de standardisation des normes de divulgation et à un raffermissement de l’évaluation ESG. Ainsi, il est impératif d’outiller les entreprises, les investisseurs, le gouvernement, la société et les instituts produisant des cadres normatifs afin d’encourager la transition durable au Québec.

I. ÉTAT DES LIEUX

Résumé

Il existe actuellement plusieurs cadres de références (framework). Ces framework sont des cadres de références pour la divulgation des informations. Ils répondent souvent aux attentes des investisseurs et s’adressent aux entreprises.

Par ailleurs, les agences de notation ont des lignes éditoriales qui leur sont propres et si elles s’inspirent des cadres existants, elles ne reprendre les cadres à la lettre. Tout leur modèle d’affaires est orienté sur la singularité des notes, mettant en avant tel ou tel sujet. Elles effectuent des classements différents selon les entreprises.

De plus, les normes sont différentes selon les industries, car elles répondent à la spécificité des activités des entreprises. Il est donc très difficile de comparer les entreprises, les unes avec les autres, quant à l’adoption des nouvelles normes.

a) Les nouvelles réglementations

1) Des outils de comparaison à l’échelle internationale

L’IFRS impose une limite dans le déploiement de capitaux, donc aussi dans la transition de nos économies et l’ISSB permet de mesurer les résultats sur une base commune.

L’approche se fait surtout par bloc de construction (buildings blocs).

    • Intégration des recommandations du TCFD
    • Identification des éléments à retenir pour les rapports fournis à Value Reporting Foundation
    • Rapprochement avec le Bureau international des normes comptables (IASB)

Par ailleurs, l’EFRAG, est un régulateur européen qui a déjà ses propres standards et n’a pas la même conception de la matérialité économique.

2) L’Europe, la double matérialité et les processus Top-Down

La double matérialité

L’Europe, et notamment l’EFRAG, critique la notion de matérialité tenue en compte par les normes ISSB. Pour l’EFRAG, la matérialité est nécessairement dynamique, d’une part, parce qu’elle doit être ajournée régulièrement, mais d’autre part, car elle a deux aspects distincts.

  1. Matérialité d’impact
  2. Matérialité de reporting financière

Matérialité double (comprend les 2 premières)

La matérialité telle que décrite par SASB est double : (1) la matérialité d’impact et (2) la matérialité de reporting financière. La première cherche à identifier comment l’entreprise a un impact sur le changement climatique et sur la société en général. La deuxième s’intéresse à voir comment le changement climatique a un impact sur l’entreprise et principalement sur ses finances (dépenses, recettes, gestion du capital, etc.)

Logiquement, c’est cette deuxième matérialité qui intéresse plus particulièrement les investisseurs. Les indicateurs qui y sont associés sont ceux, par exemple, qui sont reliés au risque climatique ou à la création de scénarios. L’investisseur peut chercher à savoir comment une augmentation du niveau des océans affectera une entreprise dans 20 ans et quelles sont les démarches que fait l’entreprise pour limiter cet impact. Ainsi, l’investisseur a une idée de l’impact des changements climatiques sur l’entreprise et sur ses actifs.

La matérialité dynamique

Le dynamisme s’explique alors par la relation entre ces deux aspects, l’un affectant l’autre. On parle de double matérialité pour expliquer la présence de deux causalités inverses, de l’impact de l’environnement sur l’entreprise et vice-versa. La matérialité est dynamique, car elle procède de manière circulaire (loop). Cette matérialité essaie de montrer que l’impact de l’entreprise sur l’environnement (et autres) peut affecter l’investisseur, par exemple, par le risque réputationnel (ex. : scandale BP).

Puis, la dynamique du temps est également intégrée. Les impacts corrélés sont mesurés selon leur apparition à court, moyen ou long terme. Cette approche permet d’établir des étapes intermédiaires concrètes dans l’atteinte des objectifs à long terme, comme de la carboneutralité pour 2050 visée par le Canada. Par ailleurs, on note que les entreprises qui font des investissements à court terme se soucient peu des impacts ESG.

3) Les positions de l’ISSB et de l’EFRAG par rapport à la matérialité financière

L’ISSB s’appuie à la fois sur les aspects de la matérialité financière et ceux de la matérialité dynamique. La matérialité dynamique est similaire à la double-matérialité de l’Europe, mais cherche à dire aux investisseurs : « there is something for you in it too ». Un impact social peut devenir un impact financier pour les entreprises.

L’objectif de l’ISSB est d’essayer de rejoindre l’Europe et de faire un pas en avant par rapport aux cadres du passé comme celles du SASB. L’EFRAG critiquait effectivement la vision trop simple proposée par les normes SASB. 

4) Les Processus Down-Up ou Top-Down

Le terrain ne démontre donc pas une convergence absolue vis-à-vis des nouvelles normes. Il faudrait donc, dans un premier temps, établir un ensemble de normes internationales qui s’appuient sur des références. Or, ce n’est pas ce que font les normes ISSB ou celles de l’EFRAG.

L’approche européenne a une approche typiquement top-down. On part du Législateur pour établir les normes. En Amérique du Nord, l’approche est plutôt de type Down-Up. C’est l’industrie qui a le leadership. L’approche est situationnelle : on est confronté à des situations critiques et pour les régler, on produit des normes. Prenons l’exemple du patron d’Air Canada. Le président juge qu’il n’a pas besoin de parler français. L’affirmation fait scandale. On crée une norme pour apaiser la population.

Avec les nouvelles normes ISSB, on essaie de reproduire la méthodologie européenne, mais on garde plus de flexibilité pour ne pas effrayer les individus peu enclins aux stratégies Top-Down.

5) La carboneutralité est-elle atteignable ?

Une carboneutralité signifie une économie qui n’émet pas de gaz à effet de serre. Or, on admet une certaine compensation carbone qui consiste, par exemple, en des mesures comme la plantation d’arbres ou l’utilisation de technologies qui peuvent capter le carbone avant qu’il ne soit rejeté dans l’air.

Mais la neutralité carbone peut apparaître floue, avec des définitions et balises différentes, et peut recouvrir des objectifs et réalités variés. Il faut établir un chemin clair et crédible avec des cibles basées sur la science, ce que peut procurer la science des données.

6) Hétérogénéité au niveau des divulgations

Par le passé, la divulgation était reléguée aux agences de marketing ou de relations publiques. Ceci est repris de plus en plus par les départements financiers. Aujourd’hui, plus de structure est exigée. Certains investisseurs commencent à demander plus de transparence et réclament des audits.  

On remarque que les acteurs financiers se préparent davantage que les acteurs économiques. La plupart des institutions financières sont signataires des PRI, mais certaines fonctionnent sur d’autres principes.

Toutes les entreprises n’intègrent pas les principes avec le même rythme ni avec les mêmes préoccupations. Elles doivent assister à des forums internationaux, apprendre de leurs pairs, suivre les tendances et pousser le niveau d’éducation des employés. En investissant selon des normes ESG, les entreprises font face à de nouveaux risques. Par ailleurs, les PME ont de difficulté à estimer ce qui sera demandé par les acteurs financiers.

Il faut comprendre que les coûts ne seront pas les mêmes selon le niveau d’avancement des entreprises en termes d’ESG. Les entreprises cotées en bourses ne pourront pas être évaluées de la même manière que celles qui ne le sont pas. De plus, les entreprises cotées en bourse divulguent publiquement, ce qui fait que leurs données sont accessibles publiquement. Elles reçoivent aussi des scores d’agences de notation. Les entreprises non cotées en bourse doivent passer par une grille d’évaluation privée des investisseurs.

7) Le financement mixte pour répondre à la demande des investisseurs

Le niveau d’éducation au sein des PME ne permet pas de connaître la réelle demande des investisseurs. Très peu d’entreprises sont en mesure de fournir un plan de décarbonisation et même une comptabilisation de l’empreinte carbone.

Or, les investisseurs demandent de plus en plus aux entreprises la divulgation des scopes 1 et 2 (voir glossaire commenté), notamment pour des prêts commerciaux. Un scope étant un périmètre de mesures d’émissions de gaz à effet de serre, pour des activités définies. Il est possible, en effet, que le coût du capital versé variera selon la note de l’entreprise. Afin de rencontrer les objectifs, les entreprises pourraient alors mutualiser leurs risques avec différents fonds. Cette approche de financement mixte, en sortant d’une logique bilatérale, permet un meilleur soutien pour la transition des entreprises.

8) Collecte de données des investisseurs

Les grands groupes financiers, comme Bloomberg, fournissent des données financières, mais également des données ESG. Les données ESG étant considérées comme des données extrafinancières. Elles sont de plus en plus recueillies par les investisseurs.

Les investisseurs calculent de plus en plus l’e-réputation grâce à une analyse globale des données, sur les réseaux sociaux par exemple. À ce titre, l’agence Elligencia est un bon exemple en tant que fournisseur de données extrafinancières qui peuvent avoir un impact sur la matérialité publique. On procède ici à une analyse des sentiments à partir des réseaux sociaux.

Comme exemple, la plateforme pétrolière de BP Deepwater Horizon explose le 20 avril 2010 en tuant 11 personnes. La catastrophe est immense. Un incendie se produit entraînant une marée noire de grande envergure. Le désastre écologique est sans précédent aux États-Unis et on estime le volume de pétrole répandu à 4,9 millions de barils, soit 780 millions de litres. La valeur boursière de l’entreprise a immédiatement baissé. Or, avec une analyse poussée des critères ESG, il aurait été possible de réaliser qu’il se passait quelque chose d’anormal au niveau de la gouvernance. En effet, il existait des centaines de citations qui invitaient la compagnie BP à comparaître devant les juges.

9) Les outils d’auto-évaluation

Au niveau de l’empreinte carbone, peu d’outils existent actuellement. Aussi, les PME ont de la difficulté à évaluer le bien-fondé des nouveaux outils. Certaines entreprises font appel à un service-conseil. D’autres s’inspirent des normes IASB. Mais la plupart voient les nouvelles normes comme des contraintes additionnelles et ne sont pas en mesure d’en évaluer les bénéfices. Or, elles manquent ainsi des opportunités d’affaires.

Cet aspect narratif est manquant. Les PME devraient être sensibles aux répercussions positives qu’apporte l’adaptation aux objectifs de développement durable. Or leur temps est précieux et ils manquent souvent de ressources. Par ailleurs, certaines données sont structurées, tandis que d’autres ne le sont pas. C’est pourquoi, l’accompagnement auprès des entreprises ne doit pas se limiter à la mise ne place d’outils, mais également dans un service-conseil mieux adapté.

b) Lexique

ACCORD DE PARIS (2020-2030) : Objectif de réduction des émissions de GES de 40 à 45 % par rapport aux niveaux de 2005. L’Accord encourage le développement et le transfert de technologies pour améliorer la résilience au changement climatique.

CARBONEUTRALITÉ (zéro carbone) ou zéro émissions nettes (ZEN) : Divergence : certains font appel aux technologies d’émissions négatives, d’autres non et la compensation carbone est pratiquée ou non. La neutralité carbone n’a véritablement de sens qu’à l’échelle de la planète ou des États coordonnés au travers de l’accord de Paris sur le climat.

CCNUCC (UNFCCC) : United Nations Framework Convention on Climate Change. Une convention qui repose sur 3 principes, celui de précaution, de responsabilité commune et différenciée et enfin du droit au développement. Or cette convention ne comprend aucune cible juridiquement contraignante.

CDP : Carbon Disclosure Project. OBNL mondial par lequel des milliers d’entreprises mesurent, divulguent, gèrent et partagent des informations sur les impacts environnementaux. Le CDP vise à produire des rapports (reporting) sur l’environnement et sur la gestion des risques qui servent alors de normes commerciales pour la divulgation et les actions en faveur d’une économie durable.

COP : Conférence des parties ou des états membres signataires des Nations Unies.

EFRAG : European Financial Reporting Advisory Group, Groupe consultatif européen sur l’information financière (2001 — relié à l’UE pour servir l’intérêt public). Qui est derrière ça?

E-RÉPUTATION : Notoriété numérique issue de l’opinion publique échangée sur le web. Les critères de transparence et la dimension éthique d’une entreprise sont de plus en plus importants dans cette évaluation.

ESG : Environnemental, Social, Governance, Utilisation de ces facteurs pour évaluer les entreprises et les pays en fonction de leur degré d’avancement en matière de développement durable. Est-ce mesurable?

GHG (GES) : Gaz à effet de serre. Pour comparer les émissions de chaque gaz, en fonction de leur impact sur les changements climatiques, on préfère utiliser des unités communes : l’équivalent CO2 ou bien l’équivalent carbone, plutôt que de mesurer les émissions de chaque gaz.

IASB : International Accounting Standard Board. Le Bureau international des normes comptables qui élabore les standards IFRS. Il remplace, depuis 2001, L’International Accounting Standards Committee (ASC).

IFRS: International Financial Reporting Standards. OBNL anglais qui développe des normes qui apportent transparence, responsabilité et efficacité aux marchés financiers du monde entier. C’est un agent de liaison.

ISSB : International Sustainability Standards Board – 3 novembre 2021.

ISO 14068 : Norme d’application volontaire sur la neutralité carbone, qui doit être publiée en 2023 pour favoriser une compréhension commune de la neutralité carbone et des méthodes pour y contribuer, à l’échelle des organisations publiques et privées.

ISO14064 : Lignes directrices, au niveau des organismes, pour la quantification et la déclaration des émissions et des suppressions des gaz à effet de serre.

Matérialité (économique) : materiality, terme issu du registre de l’audit financier. Elle consiste au choix d’indicateurs comptables permettant de mesurer le niveau de performance et de fiabilité d’une entreprise. Elle peut établir une hiérarchie des enjeux d’une stratégie de développement durable.

ODD (SDG) : 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies.

  • Objectifs (13) : Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions.
  • Objectifs (9) : Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation.

Protocole de Kyoto : Accord international visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et qui vient s’ajouter à la CCNUCC. Les pays participants se rencontrent une fois par an depuis 1995.

PRI : Principles for Responsible Investment.

SOMMET de la fiance durable : Finance Montréal est la grappe financière du Québec créée en 2010. Prochain Sommet : Au-delà du net-zéro : la finance comme catalyseur du changement, les 18 et 19 mai 2022.

SCOPE 1, 2, 3 : La méthodologie internationale de comptabilité carbone GHG Protocol a établi des périmètres (scopes) dans le calcul :

      • Scope 1 = émissions directes de gaz à effet de serre
      • Scope 2 = émissions reliées à l’électricité achetée
      • Scope 3 = autres émissions indirectes

TCFD : Task Force on Climate-related Financial Disclosures. Les recommandations du TCFD reposent sur 4 piliers :

      • La gouvernance de l’organisation autour des risques liés au climat. Formation du conseil d’administration (board of directors).
      • La stratégie mise en place pour répondre aux impacts liés au climat. Quelle en sera la planification financière ? Comment l’organisation et son milieu seront-ils affectés ? Les stratégies, ici, peuvent varier.
      • La gestion des risques utilisée par l’organisation afin d’identifier, d’évaluer, et de gérer les risques liés au climat. Comment les recommandations sont-elles intégrées ?
      • Les mesures et les cibles utilisées pour évaluer et gérer les risques et opportunités liés au climat.

II. ANALYSE DU SCOPE 3  

SCOPE 1, 2, 3 : La méthodologie internationale de comptabilité carbone GHG Protocol a établi des périmètres (scopes) dans le calcul :

  • Scope 1 = émissions directes de gaz à effet de serre
  • Scope 2 = émissions reliées à l’électricité achetée
  • Scope 3 = autres émissions indirectes (downstream + upstream)

Les stratégies de calculs pour les procédés Upstream (fournisseurs) et Downstream (clients/consommateurs) ne sont pas identiques.

(Références: https://ghgprotocol.org/sites/default/files/standards/Scope3_Calculation_Guidance_0.pdf)

Quels outils existent ? Est-ce que les données existent ? Est-ce que les données se partagent dans la chaîne de valeur ? 

Une stratégie d’entreprise efficace en matière de changement climatique nécessite une compréhension détaillée des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’une entreprise. Jusqu’à récemment, la plupart des entreprises se concentraient sur la mesure des émissions de leurs propres opérations et de leur consommation d’électricité, en utilisant le cadre de portée 1 et de portée 2 du GHG Protocol (périmètre ou scope). Mais qu’en est-il de toutes les émissions dont une entreprise est responsable à l’extérieur de ses propres murs, allant dans toute la chaîne de production, des biens qu’elle achète à l’élimination des produits qu’elle vend ? La norme Scope 3 est la seule méthode internationalement acceptée permettant aux entreprises de comptabiliser ces types d’émissions de la chaîne de valeur. S’appuyant sur cette norme, GHG Protocol a maintenant publié un guide d’accompagnement qui permet aux entreprises de compléter encore plus facilement leurs inventaires de portée 3 (Scope 3).

Les stratégies de gestion des données pour l’analyse du Scope 3

Différentes méthodes de calcul

(Références : file:///C:/Users/patri/Downloads/Scope3_Calculation_Guidance_0.pdf

1- Méthode spécifique au fournisseur (Supplier-specific method) : collecte des données d’inventaire de GES au niveau du produit du berceau à la porte auprès des fournisseurs de biens ou de services.

2- Méthode hybride (Hybrid method) : utilise une combinaison de données d’activité spécifiques au fournisseur (le cas échéant) et de données secondaires pour remplir les trous.

Cette méthode implique de:

  • Collecter les données d’émissions allouées aux scope 1 et scope 2 directement auprès des fournisseurs ;
  • Calculer les émissions en amont des biens et services à partir des données d’activité des fournisseurs sur les quantités de matières, carburant, électricité, utilisé, distance transportée et déchets générés par la production de biens et de services et appliquer des facteurs d’émission appropriés ; et
  • Utiliser des données secondaires pour calculer les émissions en amont lorsque les données spécifiques aux fournisseurs ne sont pas disponibles.

3- Méthode des données moyennes (Average-data method: elle estime les émissions de biens et services en collectant des données sur la masse (par exemple, kilogrammes ou livres), ou d’autres unités pertinentes de biens ou de services achetés et en multipliant par le secondaire pertinent (par exemple, moyenne de l’industrie) les facteurs d’émission (par exemple, les émissions moyennes par unité de bien ou de service).

4- Méthode basée sur les dépenses (Spend-based method) : estime les émissions de biens et services en collectant des données sur la valeur économique des biens et services achetés et en les multipliant par les facteurs d’émission secondaires pertinents (par exemple, la moyenne de l’industrie) (par exemple, émissions moyennes par valeur monétaire des marchandises).

La collecte de ces données

Les entreprises peuvent envoyer des questionnaires à chaque fournisseur concerné ou autre partenaire de la chaîne de valeur demandant ce qui suit :

  • CONFORMTIÉ: Les données sur les émissions de GES du cycle de vie du produit conformément à la norme de produit du protocole GHG.
  • TRANSPARENCE : Une description des méthodologies utilisées pour quantifier les émissions et une description des sources de données utilisées (y compris facteurs d’émission et valeurs GWP).
  • FIABILITÉ: Si les données ont été assurées/vérifiées, et si oui, le type d’assurance obtenue.
  • CONFIANCE: Toute autre information pertinente (par exemple, pourcentage de l’inventaire du produit calculé à l’aide de données primaires).

Précision et qualité des données

Les données remises par le fournisseur doivent correspondre au même intervalle de temps que celle de l’inventaire du périmètre 3 de l’entreprise déclarante. La préférence doit toujours être faite aux données qui ont été vérifiées et qui sont considérées comme des données de qualité.

Données primaires et données secondaires

Lors de la collecte des facteurs d’émission auprès des fournisseurs, il est recommandé aux entreprises de demander également des informations relatives au rapport des données primaires et secondaires utilisées pour calculer le facteur d’émission. Le but étant d’avoir le maximum de transparence possible et de pouvoir remonter à la source.

Pour plus de transparence dans les données

Ces informations fourniront une transparence sur la quantité de données primaires utilisées par le fournisseur pour calculer le facteur d’émission de son produit. Comme les fournisseurs deviennent plus sophistiqués dans les évaluations de GES, le pourcentage de données primaires utilisées pour calculer les émissions de facteurs pour leurs produits est susceptible d’augmenter. La collecte d’informations sur le rapport entre les données primaires et secondaires permet de mesurer et de suivre ce ratio dans le temps.

La méthode de calcul

Voir ci-dessous la figure d’un arbre décisionnel pour le choix d’une méthode de calcul des émissions des biens et services achetés :

 

(Références : https://ghgprotocol.org/sites/default/files/standards/Scope3_Calculation_Guidance_0.pdf)

Stratégie d’engagement des PME –  Scope 3

Les PME ont de la difficulté à estimer ce qui sera demandé par les acteurs financiers. La plupart voient les nouvelles normes comme des contraintes additionnelles et ne sont pas en mesure d’en évaluer les bénéfices.

Très peu d’entreprises sont en mesure de fournir un plan de décarbonation et même une comptabilisation de l’empreinte carbone. Or, elles manquent ainsi des opportunités d’affaires.

Conférencier au Sommet de la finance durable mené par Finance Montréal, les 18 et 19 mai 2022, Alexandre Bernhardt, responsable mondial de la recherche sur le développement durable chez BNP Paribas, conseille alors d’éviter de recourir à la diversification des portefeuilles, pour miser davantage sur l’engagement des tiers parties.

Ceci permettra de faciliter l’intégration des PME. Il recommande d’établir un chemin clair et crédible avec des cibles basées sur la science et des données fiables et accessibles.

III. REVUE DE LITTÉRATURE

a) Investissement ESG – Pilier environnemental, notation et divulgation

ESG Investing: Environmental Pillar, Scoring and Reporting

OCDE – 2020

Accent sur le pilier environnemental (E) de l’investissement ESG pour évaluer dans quelle mesure les méthodologies de notation E s’alignent sur les attentes des investisseurs et des parties prenantes qui les utilisent.

Contexte

Utilisation croissance des approches ESG par les investisseurs institutionnels pour améliorer la valeur à long terme de leurs investissements. L’intégration des risques liés au changement climatique et aux actifs bloqués en raison de la transition écologique est aujourd’hui reconnue comme un élément central de cette évaluation.

Engagement croissant des investisseurs institutionnels pour renforcer la transition écologique (pour le climat surtout) des économies, des entreprises, des portefeuilles et des actifs, dissuadant ainsi l’émission de dioxyde de carbone.

Défis

    • La qualité des données ESG.
    • La comparabilité des données ESG.
    • La disponibilité des données ESG.
    • Le manque de divulgations ESG standardisées.

Constats

  • Faible corrélation entre le score E et la note ESG.
  • Corrélation positive entre les scores E élevés de certains évaluateurs ESG et les niveaux élevés des émissions de carbone et des déchets. Investir dans des scores E élevés peut, dans certains cas, entraîner par inadvertance une plus grande empreinte carbone dans les portefeuilles.
  • Corrélation positive entre les politiques de transition adoptées et le score du pilier E. Autrement dit, les politiques à long terme se reflètent dans le pilier E.
  • La quantité des émissions de ces portefeuilles à haut ESG est plus élevée sur une base brute et moyenne pour certains des très grands fonds ESG.
  • Certains produits d’investissement peuvent fournir des outils ciblés aux investisseurs pour rééquilibrer les portefeuilles en s’éloignant des entreprises ayant des productions ou des chaînes d’approvisionnement à forte intensité de carbone, mais ils ne sont pas toujours ancrés dans la réalité du marché.

Paradoxes

Les composantes subjectives de chaque fournisseur de notation soulèvent des questions sur la comparabilité, l’interprétabilité et matérialité.

Conclusion

  • Le E de l’investissement ESG n’est peut-être pas l’outil le plus efficace pour les investisseurs qui souhaitent l’utiliser pour aligner leurs portefeuilles sur la transition climatique vers des économies bas carbone.
  • Le manque de comparabilité entre les notations des piliers environnementaux parmi les fournisseurs illustre une fragmentation plus large de l’ESG au-delà des seuls facteurs de risque environnementaux ou climatiques.
  • La part des mesures qui se rapporte aux effets sur l’environnement directs et indirects ne représentent qu’une faible part du nombre total de mesures utilisées par les fournisseurs de notation.

Recommandation

Pour que le pilier E soit un outil efficace pour les investisseurs, il faudrait développer des mesures qui s’alignent clairement sur la matérialité financière et la matérialité environnementale de manière mutuellement exclusive et transparente, de sorte que les investisseurs n’aient aucun doute quant à ce qui motive le score E.

b) Investissement ESG : pratiques, progrès et défis
ESG Investing: Practices, Progress and Challenges

La terminologie et les pratiques associées à l’investissement ESG varient car l’investissement ESG a changé de philosophie passant de l’investissement socialement responsables à une forme distincte d’investissement responsable.

Le manque de comparabilité des notations et des approches d’investissement ESG, rend difficile de distinguer la gestion des risques ESG qui sont bénéfiques et ceux qui pourraient mettre un frein à la performance financière.

Mais, la transition climatique et les risques physiques affectent de plus en plus le secteur financier.

Avantages immédiats du reporting ESG :

  • Débloquer des informations sur la gestion des entreprises dans leur création de valeur à long terme.
  • Mettre en place un mécanisme basé sur le marché pour aider les investisseurs à mieux aligner leurs portefeuilles.
  • Posséder des critères environnementaux et sociaux qui s’alignent sur le développement durable.
  • Intégrer une communauté ESG :
      1. Les régulateurs
      2. Les organismes de normalisation
      3. Le secteur privé dans différentes juridictions
      4. Les approches mondiales
      5. Le secteur public
      6. Les banques centrales

Risques immédiats du reporting ESG :

  1. Plus de transparence
  2. Plus de cohérence des métriques
  3. Plus de comparabilité des méthodologies de notation
  4. Alignement forcé sur la matérialité financière.

L’investissement financier pur : maximiser la valeur pour les actionnaires et les créanciers grâce à des rendements financiers.

L’investissement social pur : comme la philanthropie, il ne recherche que des rendements sociaux, de sorte que l’investisseur montre son aide à des segments ou à l’ensemble de la société (droits humains et des travailleurs, l’égalité des genres, …).

L’investissement d’impact :  vise un mélange de rendement social et de rendement financier.

Or, la distinction entre fonds ESG et fonds à impact social n’est toujours pas claire. Alors que certains investisseurs utilisent l’ESG comme outil de gestion du risque, d’autres l’utilisent pour améliorer leur position sur la finance durable afin de s’aligner sur questions de société et d’impact.

Le spectre de l’investissement social et financier

Source: stylised adaptation from OECD (2019), “Social Impact Investment, the Impact Imperative for Sustainable Development,” based on earlier versions from various organisations; for illustrative purposes only.

C) Engager plutôt que diversifier

CONFERENCE : Shifting to a net-zero portfolio

https://www.youtube.com/watch?v=EU4UOXTPsFU

Passer à un portefeuille net zéro

Étude de cas – Partenaires d’investissement NN

Comment les gestionnaires d’actifs et les propriétaires d’actifs travaillent-ils ensemble pour construire l’analyse de rentabilisation des portfolios nets zéro?

Net zéro signifie que nous devons réduire autant que possible les émissions de gaz à effet de serre et que toute émission restante doit être éliminée de l’atmosphère. Cela peut se faire par des interventions naturelles, comme la restauration de la forêt, ou par des moyens artificiels, comme les technologies d’absorptions d’air et de récupération de chaleur. Nous devons nous assurer, pour suivre les Accords de Paris, que l’augmentation de la température se limite à 1,5 Celsius.

Design de la Stratégie :

  • Gestion du capital: Investissement dans des solutions qui peuvent nous aider à atteindre le zéro net.
  • Changer de stratégie: Auparavant, le travail consistait à analyser de scénarios climatiques, en examinant les impacts à long terme des changements climatiques, dans notre entreprise et dans notre portefeuille d’investissement.
  • Analyser le portefeuille dans son ensemble.
  • Impliquer les fournisseurs: Si nous remarquons des fournisseurs polluants, nous pouvons choisir de diversifier notre portefeuille, mais nous pouvons aussi procéder à un programme d’engagement des fournisseurs.
  • Mesurer les changements et la cohérence des engagements. Si les buts ne sont pas atteints, il faut engager de nouveau les fournisseurs ou bien diversifier le portefeuille.

Critères pour les fournisseurs :

  • La compagnie a-t-elle une stratégie à long terme?
  • La compagnie a-t-elle des cibles à moyens termes?
  • La compagnie divulgue-t-elle ses émissions de gaz à effet de serre?
  • La compagnie a-t-elle une stratégie de décarbonisation?

Mais les compagnies restent difficiles à comparer car elles n’ont pas le même degré de maturité écologique.

Ils ont utilisé le Climate Change Performance Index.

Le Climate Change Performance Index (CCPI) est un système de notation conçu par l’organisation allemande de l’environnement et du développement Germanwatch pour améliorer la transparence de la politique climatique internationale. Sur la base de critères standardisés, l’indice évalue et compare les performances de protection du climat de 63 pays et de l’Union européenne (UE) (statut CCPI 2022), qui sont ensemble responsables de plus de 90 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). L’Indice de performance du changement climatique a été publié pour la première fois en 2005 et une version mise à jour est présentée chaque année à la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique. Or, du côté de la gouvernance, les données sont difficiles à acquérir, mais du côté corporatif les initiatives sont présentes et il y a plus de divulgation.

Problématique des marchés émergeants : Mais si ceux-ci ne font pas la transition, nous ne la ferons pas, en tant que société. Nous devons donc les aider à procéder à la transition (transformation écologique). Les critères ESG semblent être mieux intégrés que dans les marchés en développement. On doit analyser leur « Just transition ».

d) ESG – Une vocation plus qu’une conformité

How business leaders can turn ESG into a competitive edge—and a calling

Comment les chefs d’entreprise peuvent faire de l’ESG un avantage concurrentiel et une vocation.

https://fortune.com/2022/04/14/business-leadership-authentic-esg-environment-social-responsibility/

LA NOTION ESG EST MAL INTÉGRÉE

Trop d’entreprises sont embourbées dans d’anciennes façons de penser et traitent l’ESG comme de:

  1. la conformité,
  2. l’altruisme ou
  3. la responsabilité d’entreprise.

En général, ils ont un directeur du développement durable, mais n’ont pas encore mobilisé l’organisation pour adopter une optique de développement durable. Ils ont l’équité et l’inclusion sur leur tableau de bord, mais n’ont pas encore intégré l’équité et l’inclusion dans leur culture et leur entreprise au quotidien. Ils publient des informations, mais n’ont pas élaboré d’histoire distincte à partager.

Ils utilisent leur programme ESG pour guider les dons alors qu’ils pourraient utiliser l’ESG pour guider leurs plus grandes décisions stratégiques.

Les employés, les consommateurs et les communautés tiennent les entreprises responsables de la gérance environnementale et sociale, et l’investissement socialement responsable (ISR) représente désormais plus de 36 % des actifs mondiaux sous gestion, qui devraient totaliser 53 000 milliards de dollars d’ici 2025.

RENTANBILITÉ DE L’ESG

ESG est la clé de la performance à long terme. Les entreprises à vocation élevée sont plus de 2x plus susceptibles de se classer dans les deux premiers quartiles de rendement total pour les actionnaires sur 10 ans que leurs homologues à faible vocation. Et les plus performants sur les sujets ESG sont récompensés par des multiples de valorisation de 3 % à 19 % supérieurs aux performances médianes. Ils vont au-delà d’un état d’esprit de conformité ou de contribution et considèrent plutôt l’ESG comme un avantage concurrentiel et, finalement, une vocation.

ESG AUTHENTIQUE

Pour obtenir un ESG authentique, il ne suffit pas d’éviter les pièges du greenwashing et des engagements vides de sens. Il s’agit d’utiliser votre objectif pour identifier les domaines d’impact significatifs pour votre entreprise et ses parties prenantes, puis d’exploiter tout le poids de l’organisation pour conduire des changements innovants et créateurs de valeur dans l’ensemble de l’entreprise.

Parce que l’objectif et l’ESG ne concernent pas ce que vous faites avec l’argent que vous gagnez. Ils concernent la façon dont vous gagnez votre argent.

Stratégie ESG :

  • Développez une vision dynamique des sujets importants pour votre entreprise
  • Définissez des ambitions et des initiatives clés sur ces sujets
  • Opérationnalisez le changement et construisez un suivi
  • Mettez en place une divulgation (reporting) rigoureux.

Le problème est qu’il est possible de suivre toutes ces étapes et de se retrouver avec une approche qui ne convient pas aux parties prenantes que vous souhaitez le plus impliquer.

« C’est la responsabilité du PDG »

Les sujets ESG sont souvent mis de côté en tant que philanthropie. Mais votre agenda environnemental et social doit être au cœur de l’entreprise. Le leadership sur les sujets ESG est désormais une attente des PDG ; lorsqu’ils le relèguent à une fonction ou le délèguent, ils ratent l’occasion de diriger et ils entravent la capacité de l’organisation à agir avec audace.

Il incombe au PDG de conduire une transformation de l’entreprise pour créer de la valeur durable.

« La rentabilité est évolutive (scalable) »

Lorsque l’ESG devient profitable, un catalyseur d’évolutivité, un moteur d’innovation, c’est là que son impact s’amplifie vraiment. Parce que les efforts rentables sont des efforts évolutifs, et la mise à l’échelle des entreprises bénéfiques pour l’environnement et la société est la façon dont un impact réel et révolutionnaire sera fait pour les gens et la planète.

Cela ne signifie pas qu’un produit socialement bénéfique ou fabriqué de manière durable doit être aussi rentable. Une entreprise à faible marge, qui est alignée sur vos objectifs environnementaux et sociaux, est un signe certain de l’ESG authentique en action.

« Si vous n’êtes pas mal à l’aise, c’est que vous ne le faites pas correctement. »

L’ESG authentique va au-delà des dons et des divulgations pour réexaminer et repenser les moteurs de valeur de l’entreprise. Réduire l’impact négatif de l’activité existante est une première étape importante, mais la valeur réelle réside dans la recherche de solutions gagnant-gagnant qui offrent à la fois des avantages économiques, environnementaux ou sociaux.

« Il s’agit de coopération, pas seulement de compétition. »

La poursuite de l’ESG est dans l’intérêt concurrentiel d’une entreprise, car les capitaux et les talents circulent de plus en plus des retardataires ESG vers les leaders ESG et les rares sources durables sont bloquées.

Mais les dirigeants visionnaires comprennent que les crises auxquelles nous sommes confrontés sont collectives ; ils voient à la fois l’impératif et l’opportunité d’une coopération et réfléchissent à la manière dont ils peuvent faire évoluer l’ensemble de l’écosystème de l’industrie en se réunissant et en se faisant concurrence.

Les coalitions industrielles permettent aux concurrents de s’unir pour modifier des chaînes d’approvisionnement complexes. Ils partagent le risque d’investissement dans de nouvelles solutions. Et ils peuvent faire équipe pour faire progresser les normes qui font avancer le monde tout en maintenant des conditions équitables pour tous les participants.

TACTIQUES :

  1. Commencez avec un but. Un objectif clair et convaincant vous aide non seulement à vous concentrer sur un programme ESG crédible et authentique, mais il fournit également l’inspiration et l’alignement nécessaires pour transformer votre organisation dans une optique ESG.
  2. Prendre position. Un programme ESG solide sur les questions environnementales, sociales et de gouvernance. Quelle est la chose pour laquelle vous voulez être connu, pour laquelle vous voulez faire avancer l’aiguille d’une manière qui façonne l’industrie et qui change la société ?
  3. Incarnez le changement. Créez une congruence entre les engagements que vous prenez envers le monde et les décisions prises dans vos quatre murs, en adoptant une approche réfléchie pour éduquer, inspirer et mobiliser votre organisation autour de votre transformation ESG.
  4. Racontez votre histoire. Vous avez besoin d’une histoire ESG convaincante et distinctive – un récit stratégique à partir duquel toutes les communications liées à l’ESG découlent, une compréhension approfondie des messages qui comptent le plus pour quelles parties prenantes, et une créativité percutante et révolutionnaire.

e) Ministère fédéral allemand des Affaires étrangères

German Federal Foreign Office

« Une décennie de recherche sur le changement climatique et les conflits semble avoir produit plus de confusion que de connaissances. Bien qu’il y ait eu des progrès remarquables dans la disponibilité et la qualité des données, la recherche a produit de nombreux résultats différents, voire opposés et incompatibles.

L’analyse des « mégadonnées », la collecte et l’analyse de grandes quantités de données a un impact transformateur sur la recherche scientifique et offre des possibilités de progrès dans la recherche sur les conflits climatiques. Un groupe d’informaticiens, y compris ceux de DeepMind, Google AI et Harvard, souligne comment l’apprentissage automatique pourrait être utilisé pour lutter contre le changement climatique, de la modélisation climatique aux impacts et à l’adaptation climatiques. Bien que l’utilisation du ML dans la modélisation des systèmes climatiques mondiaux ne soit pas nouvelle, les techniques de ML émergent encore dans l’aspect socio-économique du changement climatique, y compris la recherche sur les conflits climatiques, où beaucoup s’attendent à un impact extrêmement positif.

Récemment, la consommation d’énergie des systèmes d’IA, en particulier l’apprentissage automatique, a fait l’objet d’un examen minutieux. Entre 2012 et 2018, le calcul requis pour la recherche en apprentissage profond a doublé, ce qui a entraîné une augmentation estimée à 300 000x. Toute application du ML dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique doit garantir que les impacts environnementaux ne sont pas externalisés sur les populations les plus marginalisées. »

f) Lutter contre le changement climatique avec l’apprentissage automatique

Tackling Climate Change with Machine Learning

« Le changement climatique est l’un des plus grands défis auxquels l’humanité est confrontée, et nous, en tant qu’experts en apprentissage automatique, nous demandons comment vous aider. Nous décrivons ici comment l’apprentissage automatique peut être un outil puissant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et aider la société à s’adapter au changement climatique. Des réseaux intelligents à la gestion des catastrophes, nous identifions les problèmes à fort impact où les lacunes existantes peuvent être comblées par l’apprentissage automatique, en collaboration avec d’autres domaines. »